Accipite Manducate & Obsession

04/10/2020

Oeuvres

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Découvrir, contempler une œuvre de ROD, surtout quand on les voit pour la première fois, c’est être interpelé, d’abord, autant par l’esthétique que par la technique de « fragmentation », puis par le message…

 

Je le vois chaque jour lorsque les visiteurs de notre espace contemporain arrivent devant ses œuvres : ils finissent toujours, après les avoir contemplées dans leur intégralité, par s’en approcher pour en distinguer la technique, puis entrer dans le détail des éléments qui les composent. La première émotion esthétique donne lieu alors à l’interrogation… L’expression fétiche de ROD n’est pas pour rien « le diable se cache dans les détails ». Car comme expliqué dans le texte de présentation de ROD, il se sert de l’esthétique et de sa technique comme autant de filtres superposés finissant par rendre flou, voire opaque, le message que l’œuvre porte. Dans le but de nous amener à l’interrogation, mais aussi par pudeur, car certaines de ses œuvres sont nées de l’histoire, du vécu intimes de l’artiste…

 

C’est le cas d’ « Obsessions » et de « Accipite Manducate » (prenez mangez), toutes deux abordant le thème des sites internet de rencontre, ou, plus justement, l’expérience de la rencontre par internet et l’usage de ce canal. Qu’il soit dans un but sentimental, ou … charnel. 

 

Mais je n’en dirai pas plus : Explication de texte de ces deux oeuvres par l’artiste lui même.

« Accipite Manducate » 

Toujours dans la thématique associée à mon sponsor quant à la rencontre, la recherche de l'amour via les réseaux sociaux, voici "Accipite Manducate".

Dans une société où il est peut-être plus difficile de rencontrer des personnes en raison de nos modes de vie urbains pour de nombreuses personnes, il n'y a paradoxalement jamais eu autant de moyens de se rencontrer. La plupart virtuels, avant de se confronter à la vraie vie.

Cette multitude de possibilités de rencontres au travers de sites variés permet de diversifier le genre.

Avec ce tableau, nous sommes dans le registre de la consommation de masse ou, quand les hommes et les femmes ne sont plus que des corps...seule compte la rencontre charnelle.

Ici, c'est le vide émotionnel, l'abîme des sentiments.

La recherche de corps à corps dans une véritable boucherie où nous ne sommes que des morceaux de viande à bouffer, avaler, digérer et vomir.

Il n'est rien d'autre que la recherche du plaisir immédiat entraînant la perte de soi et de certaines certitudes que nous aurions pu avoir.

Ici se confrontent un fond blanc immaculé, clinique et froid pouvant rappeler l'environnement d'un abattoir mais aussi et surtout le billot du boucher sur lequel il découpe et décharne ses pièces de viande ensanglantée avec précision mais aussi carnage avec une multitude de cubes flottants au-dessus de ce fond.

Ces cubes sont issus du mélange de photos prises sur un marché à Hua Hin où nous vivions en Thaïlande. On peut y deviner des boyaux, tripes, intestins, viscères...

Toute cette tripaille se mélange avec des photos de peintures de Lucian Freud...peintre des corps nus, ventripotents, obèses, jeunes et vieux.

Le tout ensemble, forme une abstraction volontaire où prédomine le rouge sang et un aspect séduisant, esthétique pour un sujet sombre qui appelle à nos plus bas instincts carnassiers et animaux. Un mensonge de plus pour une de mes créations.

Le romantisme? Pourquoi faire?

Consommons.

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« Obsessions »

Toujours la thématique de la « recherche amoureuse », de la rencontre... Bien entendu la création se rapporte le plus souvent à la part intime de l'artiste et donc pour avoir fréquenté les sites de rencontres, c'est bien le cas ici. Il s'agissait ici de recréer un univers que j'apprécie particulièrement façon studio de tatouage avec des éléments récurrents dans mon travail tels que le tissu, les roses... Recherche amoureuse et recherche obsessionnelle s'affrontent ici.

La recherche obsessionnelle reprend bien entendu la thématique vue précédemment avec "Accipite Manducate" mais avec cette particularité d'une recherche de femmes tatouées qui est l'obsession et encore une fois dans une consommation de masse où seule la recherche de corps importe. A l'inverse de cela, une recherche amoureuse peut également voir le jour, symbolisée ici par les cubes pailletés dorés, se situant sur le coeur humain. 

Dans un océan de corps tatoués et tous ces profils de femmes dénudés reprenant le nom de déesses ou de nymphes...seule une, compte véritablement et émerge de tout cela. Le corps détaché de l'esprit. 

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Article publié par LJ Art Traffik