Laurent Bornier
Nationalité :
Française
Âge :
43 ans
Résidence :
France
Laurent Bornier
Peinture
Œuvres de l'artiste
300 € à 3 300 €
Followers Art Traffikers
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Je peins ce que je ressens en toute sincérité jusqu’à trouver un équilibre, un plaisir attractif qui se dégage de la toile, en accord avec mes émotions.

Laurent Bornier

Présentation de Laurent Bornier

Nait-on artiste ou le devient-on ? La réponse de Laurent serait certainement que l’on nait avec une part, une âme, des prédispositions artistiques, parfois en les ignorant,  et que la vie vous révèle artiste. Et plus personnellement j’ajouterais que l’on gagne, acquière le A majuscule par le travail et la remise en question, la sincérité. Cela résumerait bien le parcours de Laurent Bornier qui l’a un jour amené à franchir la porte d’Art Traffik, de présenter sa candidature, et, d’entrer dans notre sélection.

« Je ne connaissais RIEN à l’art » commence-t-il par me raconter. Ce n’est que parce qu’il lui fallait des points pour son baccalauréat qu’il choisit l’option art plastique, et franchit la porte d’un atelier où une professeur passionnée (remercions la…) va l’y initier. 

 

Outre différentes techniques artistiques, il va découvrir et explorer l’histoire de l’art, et tel qu’il le dit « j’y ai découvert un nouveau langage qui a trouvé un écho en moi, qui s’est révélé à moi comme une pièce du puzzle qui manquait à ma vie ». Et quand Laurent parle de langage c’est autant comme le medium de ses propres émotions quant à ce qu’il produit, que quant à l’émotion que les œuvres des « grands » génèrent en lui. Langage qu’il essaye de comprendre, toujours dans l’interrogation de ce qui fait qu’une œuvre puisse être magnétique alors qu’il peut parfois ne s’agir que d’un trait ou d’une tache sur une toile.

 

Avec un 20/20 au bac, il décide de poursuivre des études en art plastique à la faculté mais, d’une part, il y est déçu de ce qu’il y apprend, et de l’autre, la vie, ses obligations, le rattrapent l’amenant à quitter le domaine de l’art pour rentrer dans la vie active. Laurent range toiles et pinceaux, s’investissant dans ses ambitions professionnelles, décidé à y réussir.

Jusqu’à ce qu’il croise le chemin de Guy F. …

 

Tout en ignorant que Guy est amateur et surtout collectionneur d’Art, Laurent, au détour d’une conversation, raconte ses prémices artistiques… Quelque temps plus tard, Guy débarque avec toiles, pinceaux et peintures : « Comme ça je suis sûr que tu vas t’y remettre ». Laurent s’exécute et offre à Guy une de ses premières œuvres, qui, révélant alors sa passion pour l’Art, lui en achètera plus d’une dizaine ensuite, conquis. Laurent est surpris, flatté, certes, de se retrouver au sein de la collection de Guy et au milieu d’artistes confirmés, mais surtout s’interroge sans trop y croire lui-même… Il continue à peindre, mais occasionnellement, pour son plaisir, toujours concentré sur son parcours professionnel où il prend du galon.

 

Et puis il y a ce jour où Laurent vient à Anglet, dont il est originaire, et y découvre une galerie qui s’y est installée… Art Traffik. Il entre, s’immerge dans notre univers, et se sent chez lui : « Je ne saurais l’expliquer, mais je me suis reconnu dans cet univers et senti proche de ces artistes, comme si je faisais partie de la « tribu ». A Anglet en plus, lieu de mon enfance … j’y ai vu un signe, et j’ai eu l’envie d’en être vraiment. Et puis je m’étais réalisé professionnellement. Alors cela a été un déclic et j’ai eu envie de me remettre sérieusement à la peinture  ». Laurent dépose une candidature auprès d’Art Traffik et je découvre avec plaisir et curiosité sa peinture… Je l’appelle, lui manifeste mon intérêt et mon envie d’en voir, d’en savoir plus, plus encore séduit par ce premier échange téléphonique et ce que Laurent me raconte. RDV est pris, ce qui décuple l’envie et la motivation de Laurent qui, entre temps, se jette dans la peinture et produit, pour me présenter, le jour J, des œuvres récentes. Coup de foudre pour moi. Autant pour l’artiste, son humilité, son désir de peinture, que par les œuvres : le voilà dans notre sélection, convaincus de son talent et de son potentiel … 

Venons-y… Le style, les œuvres de Laurent Bornier… ce qui le distingue.

 

Art Brut ? Bad Painting ? Nous en sommes aux frontières, avec assurément une spontanéité de trait, de couleurs, d’expression, mais pas seulement…

 

La technique, ou plutôt le processus de création de Laurent Bornier a évolué. Il a gardé de ses premières œuvres (datant de ses années de bachelier en art plastique) un goût prononcé pour la matière et surtout le mélange des mediums, entre papier journal, support bois, acrylique, pastel, huile, tous utilisés avec spontanéité, instinct (pas étonnant qu’un de ses Maîtres soit Antoni Tàpies). Personnages, messages, visages, objets, mots y sont mêlés et « lisibles » dans un univers aussi énergique qu’abstrait, émergeant de cette spontanéité. Mais si à ses débuts les œuvres naissaient d’un seul jet, désormais Laurent Bornier murit ses œuvres en allant plus profondément en lui-même, en trois temps…

 

La première étape reste spontanée, instinctive, purement émotionnelle mais désormais sans intention figurative, de narration. Laurent est alors dans le lâcher prise pour ne pas dire l’exutoire de ce qui l’habite émotionnellement dans l’instant, animant un désir compulsif de peindre, et dont résulte une abstraction totale.  Laurent me parle de violence, d’acharnement, de superposition, de beaucoup de couleurs, de feeling, peignant avec les mains, les bouts durs des pinceaux, il joue de superposition jusqu’à satiété, et que le résultat l’interpelle. Quitte à recouvrir plusieurs fois l’oeuvre.

La deuxième étape va être contemplative, pendant laquelle Laurent va « vivre » avec le tableau, plusieurs jours. Posé sous la télévision lorsqu’il regarde un film, posé à vue alors qu’il est à table pour manger, il l’observe « comme on regarde les nuages dans le ciel avant d’y voir une forme identifiable, souvent inconsciemment guidé par notre émotion, état d’esprit du moment. Jusqu’à ce que j’y distingue nettement ce qu’il s’y cache ».

Débute alors la troisième et dernière étape où, de peinture et de pastel, il trace le contour de ce qu’il y a vu le faisant apparaître, qu’il s’agisse d’un objet, d’un visage, qui surgit alors de l’abstraction de la première étape. Le titre s’impose à Laurent, finissant de traduire son intention, son émotion, ce qu’il y a projeté. L’œuvre est terminée. « Je pose alors une nouvelle toile blanche et vais passer de nombreuses fois devant avant de m’y jeter. Car quand je ne peins pas, j’emmagasine des choses comme une batterie qui se recharge, jusqu’au trop plein, dont la peinture va être la catharsis.

Et pourtant, en naît l’esthétique et un style qui rend les œuvres de Laurent Bornier reconnaissables, ayant développé, par le travail et la sincérité de celui-ci, son propre champ lexical d’expression de ses émotions.

Va-t-il encore évoluer ? Pour ne pas dire progresser ? Aucun doute là-dessus compte tenu de sa détermination et du plaisir qu’il y prend comme de la sincérité de sa démarche créative. Vers plus d’abstraction ou au contraire de figuration ? Il ne le sait pas lui-même. Ce dont il est certain, c’est qu’il a encore beaucoup à dire, et à apprendre, à découvrir de la peinture comme traduction (et transmission) de ses propres émotions. 

(et merci à Guy F. pour son œil de collectionneur grâce auquel il a encouragé Laurent !!) 

 

LES ARTISTES QU'IL ADMIRE :

Antoni Tapies Willem de Kooning Marcel Duchamp