Sabine Danzé : Bouche, Regard, et maître d’armes

01/11/2019

Artistes

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Mystérieuse, parfois décalée, voire très décalée aux limites franchies du politiquement correct de certaines de ses œuvres/séries, Sabine Danzé est pourtant une artiste pour qui peindre est aimer, est Amour, un don sacré où chaque touche de peinture est une mise à nue, une prise de risque personnelle et intime.

 

Il faut entrer dans son univers et avoir sa confiance pour qu’elle vous livre les secrets, ou tout du moins une partie du secret de ses œuvres, leur lecture « originelle ». Mieux, la voir peindre…Et cela est d’autant plus vrai pour ses grands portraits à la présence si forte qu’ils peuvent en être dérangeants. Sa relation avec ces œuvres est aussi forte qu’elle touche autant à son être qu’à son âme.

 

De notre point de vue, les portraits « gros plans » de Sabine, que ce soit au travers des séries ANIMAANGELI, THE DANCER, ou encore KINGS OF BABYDOLLS, et ARMAND ET LES AUTRES sont le point d’orgue de sa peinture, là où toute la puissance et l’essence de l’Art de Sabine s’expriment. Impossible de rester insensible devant leur majesté et le mystère qui s’en dégagent. Toujours de grand format, toujours cadrés au plus près du sujet, toujours aux nuances de couleurs entre ombres et lumières contrastés, ou quasi photographique pour les œuvres en noir et blanc. On touche à la technique des grands maîtres de la peinture dont vous ne pourrez ignorer, pour certains des portraits, la palette caravagesque. Quasiment, à quelques très rares exceptions, que des hommes remarquerez-vous … Mais tous ayant pour dénominateur commun un mot, un mot au sens capital et aigüe pour Sabine Danzé : « Princiers »

 

Pour les « comprendre » et en goûter la substantielle moelle émotionnelle, nous vous en livrons, avec l’accord de Sabine, 3 clés… La rencontre compulsive, l’enjeu de la Bouche et du Regard, et …. Le « fait d’armes »

 

Sabine Danzé in action

 

La rencontre compulsive : oui, les portraits sont ceux de personnes que Sabine connaît, plus ou moins intimement, ça n’a pas tant d’importance. Mais elle ne les choisit pas, elles s’imposent à elle d’une manière compulsive, dont la rencontre, l’être, génèrent en Sabine un besoin irrépressible, insatiable, de les peindre… Proche d’une possession, addiction aliénantes d’Amour pour ce que ces personnes « dégagent », dont elle n’aura de répit qu’une fois qu’elle en aura peint toute l’émotion que leur âme aura généré en elle. Ne pas pouvoir les peindre, devoir mettre en « pause » un portait commencé est une frustration intense pour Sabine. Quitte à y passer journées et nuits jusqu’à épuisement.

 

Ce qui va faire la différence entre une personne et un autre, pour laquelle elle va ressentir ce besoin impérieux de la peindre ? Ce ne sont certainement pas la Beauté esthétique ou un lien personnel qui la lierait à ses modèles. Selon ses propos, c’est leur Beauté Princière, c’est parce qu’ils sont Princes et donc d’une Beauté humaine et d’âme que leur visage, par leurs traits et leur regard, exprime.  Princes parce que Forts de tempérament mais Sensible de cœur, mais toujours Élégants d’âme. Princiers, et Élégants…

 

L’enjeu de la Bouche et du Regard : et le mot « enjeu » reste faible… Exigence extrême, proche de l’obsession. La Bouche et le Regard… L’exécution d’un portrait pour Sabine est « facile » oserions nous dire tant elle en maîtrise la technique. Mais lui donner toute la quintessence émotionnelle et y traduire toute la Beauté Princière que Sabine veut y exprimer lui demande des heures de labeur acharnées. Et cela avec une attention, une exigence toutes particulières portées sur la bouche, et le regard. Ce sont pour l’artiste les portes de l’âme du Prince et leur élément différenciant. Et plus encore la Bouche, qui est au travers de l’ensemble des œuvres de Sabine une signature reconnaissable. J’ai pu voir Sabine passer des heures, des journées à se battre avec sa toile pour atteindre l’expression et l’émotion attendue, juste, et puissante, sublime, proche du mysticisme. Leur ombre, la couleur, la facture, le contour des lèvres de ses Princes aura amené un collectionneur à attendre des semaines une œuvre qu’il aura pourtant décidé d’acheter, ayant eu la chance de la découvrir en atelier et de la voir naître, parce que Sabine n’en sera pas encore satisfaite… 

 

Le « fait d’armes » : pour comprendre cela, il faut avoir vu Sabine peindre, toute en intensité, puissance… Pour Sabine, peindre, et je la cite, « c’est un combat d’escrime où chaque geste, chaque touche est vitale, doit être parfaitement maîtrisée, où chaque erreur peut être fatale ». Ses doigts, avec elle peint majoritairement, sa mine de plomb, et plus rarement les pinceaux ou chiffons pour son travail à l’huile, « attaquent » la toile que l’on voit vibrer, que l’on entend réagir. Et la comparaison va jusqu’à la gestuelle de Sabine, bras tendu, pointé sur la toile, l’autre main tendue derrière elle, poignet cassé… Tel le maitre d’escrime. Le regard fixé et perçant face à la toile, les muscles saillants et bandés.

 

Et ceci, en une chorégraphie car la musique, le « Bon Son » est indissociable, indispensable à la peinture de Sabine. Pour Peindre elle a besoin de « se gaver de son » (selon sa propre expression). Enceintes et volume au maximum, ou casque sur les oreilles, diffusant un mix de morceaux qu’elle va choisir avant de peindre, rythmant sa gestuelle, décuplant l’intensité de l‘émotion qu’elle y projette, jusqu’à l’épuisement physique tant l’exercice est musculairement éreintant pour elle.

 

Voici une part du secret, des clés de lecture de la peinture de Sabine, de son intensité… Intensité… Princière et Élégante. Vous l’aurez compris, Art Traffik ADORE !

 

 

Article publié par LJ Art Traffik