C’est tout naturllement chez Nélie Jacquemart, collectionneuse d’art florentin et vénitien de la fin du XIXème siècle, que s’est installée l’exposition « De Zurbaran à Rothko ». Une sélection choisie parmi les œuvres d’une autre collectionneuse,Alicia Koplowitz.

Pour elle, c’est l’histoire d’une vie, puisqu’elle acquiert sa première œuvre, une porcelaine de Sèvres, à l’âge de 17 ans. Ses premiers choix se portent vers quelques pièces de mobilier classique. Plus tard, elle s’intéresse à la peinture, avec une nette prédilection envers les productions espagnoles pour finalement s’ouvrir sur des pièces modernes et contemporaines.

Parmi les 200 œuvres que compte cette collection, guidée par l’émotion et l’amour de l’Art, une cinquantaine ont été sélectionnées pour cette exposition que nous vous recommandons. Outre l’expérience du parcours de cette collectionneuse, qui nous offre un cheminement cohérent, émouvant, liant peinture et sculpture, figuratif et abstrait, « De Zurbaran à Rothko » nous régale de chefs-d’œuvre habituellement cachés du regard du grand public.

Dès la première salle, les grands noms de la peinture se dévoilent. Pourtant, ce n’est pas ce qui compte le plus ici. Comme elle le dit elle-même, Alicia Koplowitz marche au coup de cœur : "Chacune des œuvres dont j'ai fait l'acquisition a suscité en moi un certain type d'émotion et même parfois la passion à forte dose".

Francisco de Zurbaran, Vierge à l'Enfant avec saint Jean-Baptiste, vers 1659-61, huile sur toile, 119 x 100 cm.

Pour le visiteur, cela reste manifeste tout au long de ce voyage à travers les siècles. C’est la sensibilité de la collectionneuse, et à travers elle, celles des passionnés de tout temps, qui relie Zurbaran à Rothko, Canaletto à Picasso. En se montrant sensible au "rapport entre l'artiste et la personne qui a commandé le tableau, elle s'intéresse à l'histoire derrière l'œuvre", souligne Pablo Melendo Beltran, commissaire de l’exposition.

Miquel Barcelo, Lac Jaune, 1990, technique mixte sur toile, 235 x 285 cm.

De fil en aiguille, les œuvres s’enchaînent, et nombre d’entre elles méritent qu’on s’y arrête. Nombre d’œuvres portant les traces visibles du pinceau ou laissant entrevoir leur vitesse d’exécution, transportent avec elles toute l’émotion que provoquent les œuvres à travers lesquelles la spontanéité des peintres se discerne.

        

Pablo Ruiz Picasso, Demi-nu à la cruche,                     Julio Gonzalez, Daphné, 1937,
1906, huile sur toile, 99,8 x 81 cm.                               fer soudé et forgé, 163 x 73 x 36 cm.

Avis aux curieux, prenez aussi quelques minutes pour vous arrêter devant le film projeté au début de l’exposition, pour découvrir les pièces monumentales installées dans la quiétude du jardin de Mme Koplowitz (Serra, Anish Kapoor, bustes romains), impossibles à montrer dans un lieu tel que le Musée Jacquemart-André.

Amateurs d’art, fin connaisseurs ou non, n’hésitez plus à aller découvrir ce parcours, parfois visionnaire, souvent touchant, dont l’issue laissera sans doute l’empreinte d’une collection élaborée avec cœur. Autant de grandes œuvres réunies en un seul endroit, ça ne se refuse pas !

Louise Bourgeois, Araignée III, 1998, bronze, 48,3 x 83,8 x 83,8 cm.

Visiter le site du musée Jacquemart-André par ici

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