Derrière cette phrase se cachent des questions du type « qu’est ce qui fait que cela vaut si cher ? » « qu’est ce qui fait que cet artiste est reconnu par les experts de l’Art, plus que d’autres, qui eux, au moins, savent dessiner ? » « Des millions d’euros pour, allez, 2h de travail max alors que les peintres classiques mettaient des mois ? »... Pour finir par « je n’y connais vraiment rien en art, je n’y comprends rien », voire « nous prendrait-on pour des imbéciles ? ». Et bien entendu, je ne vous parle pas des « installations » comme ce cube, certes parfait, fait d’un empilement de spaghettis, vu à la dernière FIAC...

Car, autant on remet pas en cause le talent d’un Monet, Gauguin, ou d’un Delaunay (qu’on aime ou qu’on n’aime pas), parce qu’on y reconnait de la technique, du travail, autant la dite critique « mon enfant de 5 ans fait pareil » revient plus facilement quant à l’art dit contemporain. Prenons un Jackson Pollock ou même un Basquiat. Oui, ça a l’air « facile ». Et autant le dire, je m’interrogerégulièrement aussi face à certaines œuvres contemporaines...

Cependant, pour remettre la balle au centre, et ne pas mettre tout le monde dans le même sac,si vous me permettez l’expression, je reprendrais la réponse de Miro à la question « combien avez-vous mis de temps pour faire cette œuvre ?» : « Plus de 40 ans... et une dizaine de minutes ».

                                    

Car ce qui importe, ce n’est pas le temps qu’a mis l’artiste à produire une œuvre, mais tout lecheminement, le travail de remise en question, d’évolution amont. Une œuvre d’ART est en effetl’aboutissement d’une recherche, d’une maturation, d’une exploration, d’une démarche sur des

années.
Je prendrais deux exemples concrets : tout le monde est capable de faire une BELLE photo avec son smartphone. Y compris votre enfant de 5 ans. Est-ce pour autant un Artiste ? Non. Car l’Artiste, lui, en produit des séries entières. Un très bon portraitiste qui a la technique pour parfaitement vous croquer est-il prédestiné au Louvre ? Non Plus. Car il faut bien plus que la « quantité » et la « technique » pour voir apparaître le Talent.
Il faut un supplément d’âme, d’émotion, l’inspiration... et du travail. C’est ce qui crée un fil conducteur : l’ADN, l’identité de l’artiste, qui se construisent artistiquement, esthétiquement. C’est « seulement » là que le travail,l’acharnement interviennent : c’est grâce à la remise en question incessante, et l’acquisition de la technique que l’artiste parvient à imprégner pleinementl’œuvre de SON émotion, de SON âme pour parvenir à toujours mieux NOUS la transmettre. C’est cela qui aboutit au Beau, à notre Emotion, à de l’Art. Même dans le minimalisme, voire la simplicité.
Il s’agit donc, face à une œuvre, (et là je ne vous parle pas de l’empilement de spaghettis évoqué plus haut... restons critiques) de ne pas seulement se préoccuper du « comment », mais de juste laisser ses émotions, son imaginaires’évader et surtout s’exprimer, aller au-delà de la technique. Comme un nuage, par ses formes, sait faire voyager votre imagination (ou pas). Et ça, votre enfant de 5 ans le sait parfaitement ! Comme il sait s’émerveiller devant un tour demagie sans chercher le « truc ».
Alors, si vous êtes adepte de la phrase « mon enfant de 5 fait pareil », soit je vous invite à laisser aller à vos émotions et à vous nourrir d’oeuvres, soit il fautme l’amener d’urgence que je regarde son travail ! Dans les deux cas donc : à bientôt dans une expo ?